Κυριακή, 25 Μαρτίου 2007

Philippe Rahm - Architecture Invisible (Paris 2005)

« Deux importantes mutations de ce début du XXIe siècle, à savoir la globalisation et le dérèglement climatique, engendrent aujourd’hui une transformation en profondeur de la notion d’espace et de temps. Ce n’est plus en termes de jour et de nuit, de local et de lointain, de chaud ou de froid, de clair ou d’obscur, que se définit aujourd’hui l’espace architectural mais plutôt dans une sorte de continuum climatique global et permanent. Partout, la lumière est la même, la température est moyenne et le taux d’humidité reste constant. L’architecture se déploie dans un espace dorénavant universel, projetant sans discontinuité un éternel présent, continu, invariable, partout pareil, toujours là. Le continuum crée une spatialité et un temps au-delà des cycles biologiques, sans sommeil, sans saison, en dehors des rythmes astronomiques et climatiques, sans nuit ni hiver, sans pluie ni froidure. L’information est instantanée, les connexions simultanées, le réseau de communications est global, sans interruption. Ici et maintenant, mais aussi là-bas et demain, toutes les variables météorologiques ont été stabilisées sur une moyenne partagée de confort. Quelque part autour de 21°C, à un taux d’humidité relative de 50%, à une intensité lumineuse de 2000 lux, comme un beau jour de printemps à Paris que l’on aurait décidé de répéter à l’infini, dans le monde entier. C’est un 15 mai, par exemple, à midi, parce que ce jour est habituellement celui où l’on éteint le chauffage central des immeubles, jusqu’à l’automne. Le continuum climatique est planétaire aujourd’hui, un air conditionné mondial établissant, partout et tout le temps, la même température, la même intensité lumineuse, qui se déploient sans discontinuité entre les logements, les transports, les bureaux et les supermarchés, les aéroports, les avions et les autres villes, de part et d’autre de la Terre, jour et nuit, été comme hiver. Sans discontinuité de Paris à Lausanne, de Melbourne à San Francisco, de Kitakyushu à Madrid, un même jour de printemps se répète pour l’éternité, que l’on parcourt en chemise, hiver comme été, de jour comme de nuit, sur la terre entière. C’est le printemps perpétuel de la mythique Ogygie, l’île de Calypso, c’est le climat doux et invariant de San Diego que l’on a aujourd’hui étendu au reste du monde. Un équinoxe perpétuel, une journée sans nuit », Philippe Rahm, 2005

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